L'année 2026 a démarré dans un calme relatif sur les marchés de l'énergie. Après les pics exceptionnels de 2022, les prix du mazout, du gaz naturel et de l'électricité ont eu le temps, ces dernières années, de redescendre vers un nouvel équilibre. Pour de nombreux ménages, c'était un répit bienvenu. Mais ce calme n'a pas duré.
Ce qui a suivi, c'est une année marquée par de fortes fluctuations, un choc géopolitique au printemps et un paysage tarifaire qui, aujourd'hui, en octobre 2026, n'a plus grand-chose à voir avec celui du début d'année. Nous vous expliquons ce qui s'est passé exactement, comment les différentes sources d'énergie ont évolué les unes par rapport aux autres et ce que cela signifie si vous vous chauffez au propane.
Pour faciliter la comparaison, nous avons converti tous les prix en prix par kWh. Sachez toutefois que la conversion du prix par litre ou par m3 en prix par kWh repose uniquement sur le pouvoir calorifique du produit. Des facteurs tels que la puissance de la chaudière peuvent entraîner un rendement plus élevé et donc des coûts énergétiques moindres.
Le tournant de 2026 s'est produit en mars. L'escalade militaire au Moyen-Orient, et plus précisément l'intervention américaine en Iran, a provoqué une forte incertitude sur les marchés mondiaux de l'énergie. Le pétrole, et tout ce qui en dépend, a réagi vite et fort.
Ce sont les utilisateurs de mazout qui en ont ressenti l'impact le plus directement. Le prix au litre s'est envolé. Ceux qui remplissaient encore leur cuve début 2026 pour moins de 8 centimes par kWh payaient le double quelques mois plus tard. Il ne s'agit pas d'une petite correction, mais d'un bouleversement fondamental des prix qui a secoué tout le secteur du chauffage.
Le gaz naturel a suivi une trajectoire similaire, même si les contrats des consommateurs ont réagi un peu plus lentement. Sur le marché de gros, en revanche, le choc était bien visible : au cours de l'année 2026, le prix de référence a augmenté de plus de 135 % par rapport à l'année précédente.
En 2026, le mazout a été de loin le combustible le plus volatil. Ceux qui ont suivi les prix au jour le jour ont vécu de véritables montagnes russes.
Le prix pour une petite livraison (moins de 2 000 litres) a grimpé en septembre 2026 à plus de 1,60 € par litre, avec un pic à 1,63 € le 17 septembre. Pour mettre cela en perspective : en 2020, une année de prix de l'énergie bas, la moyenne annuelle s'élevait à peine à 0,49 € par litre. Même l'année de crise 2022 s'est clôturée sur une moyenne annuelle de 1,23 € par litre, un niveau proche de la moyenne de 2026 jusqu'à présent.
Ramené au kWh, cela correspond à un prix du mazout d'environ 15 centimes en septembre 2026. Celui qui se chauffe encore au mazout aujourd'hui paie donc plus que jamais chaque unité de chaleur produite.
En 2026, le gaz naturel est resté moins cher que le mazout par kWh. En octobre, le prix moyen du gaz naturel pour les consommateurs en Belgique s'élève à environ 8 à 9 centimes par kWh, avec des pointes de 10 à 11 centimes pour les contrats les plus chers.
Mais ici aussi, la hausse n'est pas à sous-estimer. Les détenteurs d'un contrat variable ont vu le prix de gros doubler par rapport à l'an dernier. Le pic de 2022, lorsqu'un ménage moyen payait jusqu'à 3 900 € par an pour le gaz, n'est pas encore en vue, mais la tendance est à nouveau à la hausse.
De plus, les accises sur le gaz naturel augmentent progressivement en 2026, ce qui alourdit encore la facture finale des ménages, même lorsque les prix du marché restent relativement stables.
Pour ceux qui se chauffent ou envisagent de se chauffer à l'électricité, la comparaison est claire et peu rassurante. En septembre 2026, l'électricité coûte en moyenne aux ménages belges entre 30 et 41 centimes par kWh, selon la région. C'est trois à quatre fois plus que le gaz naturel et plus de deux fois plus que le mazout.
La crise iranienne a également influencé le marché de l'électricité, même si l'impact est resté plus limité que pour les combustibles fossiles. Les prix sont néanmoins restés nettement au-dessus des niveaux d'avant la crise, et bien au-dessus de ce que payaient les ménages belges durant les années relativement calmes de 2024 et 2025.
Et puis, il y a le propane. La comparaison est frappante.
Alors que le mazout s'affiche à environ 15 centimes par kWh à l'automne 2026 et que l'électricité est trois à quatre fois plus chère, le propane en vrac (stocké dans une citerne) se situait en septembre 2026 à environ 11 centimes par kWh. C'est non seulement moins cher que le mazout, mais aussi moins cher que les contrats de gaz naturel les plus coûteux, et comparable au tarif moyen du gaz naturel.
Qui plus est, les prix du propane ont évolué de manière relativement calme. La crise iranienne a certes touché le marché du propane, mais moins violemment que celui du mazout. Le propane est un sous-produit du raffinage du pétrole, produit dans le monde entier, avec une répartition géographique de l'offre bien plus large que celle du pétrole brut ou du gaz naturel. Cela lui offre un amortisseur naturel face aux chocs géopolitiques régionaux.
En septembre 2026, le propane en vrac était même temporairement moins cher que le mazout par kWh, une situation exceptionnelle qui illustre bien la dynamique de prix sous-jacente. Le propane suit le marché de l'énergie, mais de façon plus lente et plus modérée.
Pour bien situer les choses, voici les prix par kWh des différents combustibles de chauffage en septembre 2026 :
L'électricité arrive en tête avec 30 à 41 centimes par kWh, soit largement le double de toutes les autres options. Le mazout suit à environ 15 centimes par kWh, un niveau qui paraît douloureusement élevé à de nombreux ménages après les années relativement bon marché de 2023 à 2025. Le propane en vrac se situe à environ 11 centimes par kWh, donc nettement sous le mazout et comparable, voire inférieur, à la plupart des contrats de gaz naturel. Le gaz naturel varie de 8 à 11 centimes par kWh, les contrats les moins chers se situant juste en dessous du propane.
Cette comparaison varie selon le moment, mais la tendance est structurelle : le propane n'est pas un combustible cher. C'est une solution intermédiaire qui fait mieux que le mazout, tant en matière de coût que d'émissions de CO2.
Comparez l'évolution des prix du propane et du gaz naturel en 2022 et découvrez comment les deux combustibles se sont comportés lors de la précédente année de crise.
Un facteur mérite une explication supplémentaire. Par kWh, le propane émet environ 15 % de CO2 en moins que le mazout. Ce n'est pas seulement important pour le climat, cela a aussi des conséquences fiscales. Lorsque la taxe CO2 entrera en vigueur à partir de 2028, les combustibles seront taxés en fonction de leurs émissions. Dans tous les scénarios de cette taxe, le propane sera moins lourdement touché que le mazout.
Et pour ceux qui veulent aller encore plus loin : le biopropane offre à l'avenir une perspective encore plus favorable, avec une réduction potentielle des émissions de CO2 allant jusqu'à 80 % par rapport au mazout, selon le processus de production.
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La leçon de 2026, nous l'avions déjà apprise, mais elle revient cette année au premier plan : les prix de l'énergie ne sont jamais totalement prévisibles. Des événements géopolitiques, des interventions de l'OPEP+ sur la production ou des décisions de politique commerciale de l'autre côté de l'océan peuvent redessiner complètement le marché en quelques semaines.
Mais en 2026 aussi, le propane a prouvé qu'il est un choix relativement stable dans un paysage énergétique agité. Ceux qui ne dépendent pas du réseau de gaz naturel et optent pour une citerne de propane n'ont pas besoin de suivre nerveusement le cours du jour.
Notre conseil reste par ailleurs inchangé : commandez de préférence votre propane au printemps ou au début de l'été, lorsque la demande saisonnière est faible et que le prix est généralement plus avantageux. Dans une année comme 2026, où le printemps est soudainement devenu plus cher en raison des tensions géopolitiques, ce conseil est d'autant plus pertinent pour ceux qui souhaitent planifier leur commande de manière réfléchie.
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